Jésus avait-il des frères ?

Le petit enfant amené à Jésus, Rembrandt

Le petit enfant amené à Jésus, Harmenszoon van Rijn Rembrandt - 1647-1649 -  Rijksmuseum, Amsterdam

Le petit enfant amené à Jésus, Harmenszoon van Rijn Rembrandt – 1647-1649 – Rijksmuseum, Amsterdam

Une foule dense et variée entoure Jésus. Jeunes et vieux ; valides ou impotents ; riches et pauvres ; hommes, femmes et enfants. C’est justement un tout jeune enfant qui est l’objet de l’attention du Christ. La foule s’est écartée, permettant à la mère (qui tient le bambin dans ses bras) de le lui présenter après avoir gravi le petit monticule.

« On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher ; mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : ‘Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas’. Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains ». Avec humanité et sensibilité, Rembrandt illustre ce passage de l’évangile de Marc (10, 13-16). A travers le dynamisme de son trait et la variété des attitudes, il nous décrit une scène de la vie quotidienne du Seigneur qui parcourt les chemins à la rencontre de ses frères.

Le clair-obscur met en relief la figure de Jésus dont le visage rayonne d’une lumière surnaturelle. A sa droite, le groupe des disciples et des docteurs de la loi s’est, à sa demande, écarté. Les conversations et commentaires vont bon train. A sa gauche, le deuxième groupe contraste, bigarré et disparate, avec toutes celles et ceux qui implorent l’aide de Jésus. A ses pieds, il y a ce personnage qui tend ses mains jointes en un geste de prière et cette femme couchée, à la limite du malaise, qui lève péniblement son bras. Et l’on ne peut s’empêcher de penser à cette parole : « Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, Jésus dit : « Voici ma mère et mes frères » (Marc 3, 34).

Selon un schéma classique, Jésus est au centre de la composition. Magnifié par un environnement austère et sombre, son geste de la main et toute sa personne traduisent sa proximité avec la foule et sa volonté de prodiguer à chacun les bienfaits de sa présence au milieu de ceux qu’il est venu sauver.

Père Frédéric Curnier-Laroche, historien de l’art et prêtre du diocèse d’Autun